C’est le temps d’agir pour la musique québécoise
La musique québécoise ne manque ni de talent ni de diversité : elle mérite toute notre attention. Pourtant, elle peine à se faire entendre. Selon le rapport du Commissaire à la langue française, les artistes qui chantent dans une langue nationale ne recueillent que 12 % des écoutes au Québec. Ce chiffre nous place loin derrière la France (45 %) et l’Italie (47 %), mais aussi derrière des nations plus petites comme la Finlande (34 %), la Tchéquie (25 %) et le Danemark (25 %).
Ce constat nous concerne tous : les personnes qui écoutent la musique, celles qui la créent et la font vivre, ainsi que les pouvoirs publics. Depuis trop longtemps, nous observons cette situation sans parvenir à renverser la tendance. Il est temps d’agir ensemble.
Nous avons de quoi être fiers de nos artistes, de nos créateurs et de l’ensemble des entreprises et des travailleurs culturels qui les soutiennent. Les politiques et les programmes actuels apportent un soutien essentiel à cet écosystème. Il ne s’agit pas de nier leurs bienfaits, mais de reconnaître qu’ils n’ont pas suffi à enrayer le recul. Pour aller plus loin, nous devons revoir nos façons de faire.
Une stratégie ambitieuse pour nos musiques
La musique d’ici mérite mieux que des ajustements à la pièce. Elle a besoin d’une vision d’ensemble et d’un plan d’action à la hauteur des défis. Nous appelons à l’élaboration d’une Stratégie de la musique québécoise, en concertation avec les forces vives du secteur. Cette démarche doit être lancée rapidement et déboucher sur des actions concrètes.
Le rapprochement entre nos musiques et leurs publics doit être au cœur de cette stratégie. Examinons toutes les facettes du secteur : ce qui fonctionne, ce qui doit évoluer et les nouveaux leviers à déployer. Les gens de l’industrie ont un rôle essentiel à jouer dans cette réflexion, et les habitudes, les attentes et la diversité des publics doivent guider les choix à venir.
Nous invitons le ministre de la Culture, du Patrimoine, des Communications et de la Langue française, Pascal Bérubé, à lancer sans tarder cette démarche avec le secteur de la musique. Le gouvernement doit donner l’impulsion nécessaire pour bâtir une Stratégie de la musique québécoise et la traduire en un véritable plan d’action. Cette stratégie doit être complémentaire aux mesures visant à accroître la mise en valeur de nos musiques sur les principales plateformes, comme le prévoit la Loi sur la découvrabilité.
Au public, aux gens de l’industrie et au gouvernement, nous lançons un même appel : faisons du rayonnement de la musique québécoise une ambition commune. Après des années à constater le recul, donnons-nous les moyens de rapprocher durablement nos musiques de leurs publics. Le temps est venu d’agir.
Les organisations signataires :
- Adisq – Eve Paré, directrice générale
- APEM – Jérôme Payette, directeur général
- ARTISTI – France D’Amour, présidente
- GMMQ – Daphnée Sincennes Richard, présidente
- Panorama – Thomas Jolicoeur, directeur général
- SOCAN – Alexandre Alonso Vice-président pour le Québec et les affaires francophones
- SPACQ-AE – Ariane Charbonneau, directrice générale
- UDA – Tania Kontoyanni, présidente